Of Captain John Bowen

Extrait de « The History of the Pyrates. Vol. II. by Daniel Defoe » publié en 1728.

Sources : original : The History of the Pyrates. Vol. II. by Daniel Defoe, transcription : The History of the Pyrates. Vol. II. by Daniel Defoe.
Traduit en français de manière approximative, ce document présente à la fois la version anglaise originale et une tentative de traduction.
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Version originale

Traduction française

Of Capitain Bowen

Capitaine Bowen

  • Takes the Coneway near Collequilon, 49.
  • Steers for Madagascar, looses his Ship off, and is entertain’d by the Governor at, Mauritius; buys a Vessel, goes to Madagascar, settles at Maritan, 50.
  • Surprizes the Speedy Return, a Scots Ship, 51.
  • […]
  • Bowen sails for Mascarenas, is disappointed in his Hopes, ib. Looses Company of his Brigantine; sails for Mauritius; comes back to Madagascar join’d by the Brigantine, which they condemn and burn; hears of Captain Howard, 59.
  • Sails in Search of Howard, meets with him at Mayotta; they take the Pembroke, and after plundering let her go, 60.
  • Capt. Whaley, falsely printed Woolley, detain’d; the Speedy Return goes to Madagascar to clean; coming back and missing their Comrade they steer for the Red Sea, 61.
  • Join the Prosperous off the Highland of St. John; Bowen takes a Moor Ship; the Prosperous separated by the Chase joins them, both Ships burnt, and both Crews go on board the Prize, 62.
  • The Villany of a Dutchman, 63.
  • Captain Whaley discharged; the Pembroke a second Time plunder’d; the Pyrates go to Mauritius; two of Drummond‘s Crew get away, who were fruitless Evidences for Capt. Green, 64.
  • Prend le Coneway près de Collequilon, 49.
  • Se dirige vers Madagascar, perd son navire, et est entretenu par le Gouverneur à Maurice, achète un vaisseau, se rend à Madagascar, s’installe à Maritan, 50.
  • Suprend le Speedy Return, un navire écossais, 51.
  • […]
  • Bowen navigue vers les Mascareignes, est déçu dans ses espoirs, ib. perd son brigantin; navigue vers Maurice; revient à Madagascar est rejoint par le brigantin, qu’ils condamnent et brulent; entend parler du Captaine Howard, 59.
  • Navigue à la recherche d’Howard, le rencontre à Mayotte; prennent le Pembroke, le pillent puis le laissent partir, 60.
  • Capitaine Whaley, imprimé à tord Woolley, retenu; le Speedy Return se rend Madagascar pour entretien; revient et rate leurs camarades; se dirigent vers la Mer Rouge, 61.
  • Rejoint le Prosperous au large des hautes terres de Saint-Jean; Bowen prend un navire maure; le Prosperous séparé par la chasse les rejoint, les deux navires brulent, et les deux équipages montent à bord de leur prise, 62.
  • L’infamie d’un hollandais, 63.
  • Captaine Whaley libéré; le Pembroke pillé une seconde fois; les pirates vont à Maurice; deux équipiers de Drummond s’échappent, avaient des preuves vaines pour le Capitaine Green, 64.

The exact Time of this Person’s setting out I am not certain of; I find him cruising on the Mallabar Coast in the Year 1700, commanding a Ship called the Speaker, whose Crew consisted of Men of all Nations, and their Pyracies were committed upon Ships of all Nations likewise. The Pyrates here met with no Manner of Inconveniencies in carrying on their Designs, for it was made so much a Trade, that the Merchants of one Town never scrupled the buying Commodities taken from another, though but ten Miles distant, in a publick Sale, furnishing the Robbers at the same Time with all Necessaries, even of Vessels, when they had Occasion to go on any Expedition, which they themselves would often advise them of.

On ne sait pas avec exactitude quand cet homme a pris la mer, on le trouve croisant sur la côte de Malabar au cours de l’année 1700, commandant un navire appelé le Speaker, dont l’équipage était constitué d’hommes de toutes nations, et dont les forfaits étaient également commis sur des navires de toutes nations. Ces pirates ne rencontrèrent aucun empêchement dans l’accomplissement de leurs desseins, car il en était fait un tel commerce, que les marchands d’une ville n’avaient aucun scrupule à acheter au cours d’une vente publique, les biens pris à un autre, même à seulement dix miles de distance, fournissant en même temps aux brigands tous les biens nécessaires, y compris des vaisseaux lorsqu’ils avaient l’occasion de partir en expédition, les y encourageant eux-mêmes régulièrement.

Among the rest an English East-India Man, Captain Coneway from Bengal, fell into the Hands of this Crew, which they made Prize of, near Callequilon; they carried her in, and put her up to sale, dividing the Ship and Cargoe into three Shares; one Third was sold to a Merchant, Native of Callequilon aforesaid, another Third to a Merchant of Porca, and the other to one Malpa, a Dutch Factor.

Parmi eux, un vaisseau de la Compagnie anglaise des Indes, commandé par le Capitaine Coneway en provenance du Bengale, tomba entre les mains de cet équipage, dont ils firent une prise, près de Callequilon (Quilon); ils le transportèrent et le mirent en vente, divisant le navire et sa cargaison en trois parts ; un tiers fut vendu à un marchand, natif de Callequilon (Quilon) susmentionné, un autre tiers à un marchand de Porca (entre Cochin et Quilon), et l’autre à un certain Malpa, agent de commerce hollandais.

Loaded with the Spoil of this and several Country Ships, they left the Coast, and steer’d for Madagascar; but in their Voyage thither, meeting with adverse Winds, and, being negligent in their Steerage, they ran upon St. Thomas‘s Reef, at the Island of Mauritius, where the Ship was lost; but Bowen and the greatest Part of the Crew got safe ashore.

Chargés de ce butin et de celui de plusieurs autres navires d’Inde Orientale, ils quittèrent la côte pour se diriger vers Madagascar; mais au cours de leur traversée, rencontrant des vents contraires, et, étant négligents dans leur navigation, ils s’échouèrent sur le récif de Saint-Thomas, à l’île Maurice, où le navire fut perdu; mais Bowen et la plus grande partie de l’équipage atteignirent le rivage.

They met here with all the Civility and good Treatment imaginable; Bowen was complimented in a particular Manner by the Governor, and splendidly entertained in his House; the sick Men were got, with great Care, into the Fort, and cured by their Doctor, and no Supplies of any sort wanting for the rest. They spent here three Months, but yet resolving to set down at Madagascar, they bought a Sloop, which they converted into a Brigantine, and, about the middle of March 1701, departed, having first taken formal Leave of the Governor, by making a Present of 2500 Pieces of Eight, leaving him, besides, the Wreck of their Ship, with the Guns, Stores, and every Thing else that was saved. The Governor, on his Part, supply’d them with Necessaries for their Voyage, which was but short, and gave them a kind Invitation to make that Island a Place of Refreshment in the Course of their future Adventures, promising that nothing should be wanting to them that his Government afforded.

Ils furent accueillis avec toute la civilité et le bon traitement imaginables; Bowen fut reçu d’une manière particulière par le gouverneur, et magnifiquement entretenu dans sa maison ; les hommes malades furent portés, avec grand soin, dans le fort, et guéris par leur médecin, et aucun approvisionnement d’aucune sorte ne manqua pour le reste. Ils y passèrent trois mois, mais déterminés à s’installer à Madagascar, ils achetèrent un Sloop, qu’ils convertirent en Brigantin, et, vers la mi-mars 1701, partirent, après avoir d’abord formellement pris congé du gouverneur, en faisant un présent de 2500 pièces de huit, lui laissant, en plus, l’épave de leur navire, avec les canons, l’arsenal et tout ce qui fut sauvé. Le gouverneur, de son côté, leur fournit les nécessités pour le voyage, qui n’était que court, et leur formula une aimable invitation à faire de cette île un lieu de rafraîchissement au cours de leurs futures aventures, promettant que son Gouvernement leur offrirait tout ce dont ils pourraient nécessiter.

Upon their Arrival at Madagascar, they put in at a Place on the East-Side, called Maritan, quitted their Vessel, and settled themselves ashore in a fruitful Plain on the Side of a River. They built themselves a Fort on the River’s Mouth towards the Sea, and another small one on the other Side towards the Country; the first to prevent a Surprize from Shipping, and the other as a Security from the Natives, many of whom they employed in the Building. They built also a little Town for their Habitation, which took up the Remainder of the Year 1701.

A leur arrivée à Madagascar, ils s’arrêtèrent sur la côte Est, dans un endroit appelé Maritan (Matitanana), débarquèrent de leur navire et s’établirent à terre sur une plaine fertile au bord d’une rivière. Ils construisirent eux-mêmes un fort à l’embouchure du fleuve tourné vers la mer, et un autre petit de l’autre côté orienté vers la terre ; le premier pour prévenir toute attaque surprise par bateau, et l’autre comme une sécurité envers les indigènes, dont beaucoup avaient été employés pour la construction. Ils fondèrent également un village pour leurs habitations, ce qui occupa le reste de l’année 1701.

When this was done, they soon became dissatisfied with their new Situation, having a hankering Mind after their old Employment, and accordingly resolved to fit up the Brigantine they had from the Dutch at Mauritius, which was laid in a Cove near their Settlement, but an Accident, that they improved, provided for them in a better Manner, and saved them a great deal of Trouble.

Lorsque cela fut terminé, ils commencèrent à s’ennuyer de leur nouvelle situation, ayant une fervente nostalgie envers leur ancienne activité, et résolurent en conséquence d’aménager le brigantin qu’ils avaient eu des Hollandais à l’île Maurice, qui était posé dans une crique près de leur établissement, mais un incident, qu’ils mirent à profit, leur offrit une belle opportunité, et leur épargna beaucoup d’ennuis.

It happened that about the beginning of the Year 1702, a Ship called the Speedy Return, belonging to the Scotch-African and East-India Company, Captain Drummond Commander, came into the Port of Maritan in Madagascar, with a Brigantine that belonged to her; they had before taken in Negroes at St. Mary‘s, a little Island adjoining to the main Island of Madagascar, and carried them to Don Mascarenhas, from whence they sailed to this Port on the same Trade.

Il s’avère que vers le début de l’année 1702, un navire appelé le Speedy Return, appartenant à la Compagnie écossaise des Indes orientales et d’Afrique, commandé par le Capitaine Drummond, entra dans le Port de Maritan (Matitanana) à Madagascar, escorté d’un Brigantin qui lui appartenait ; ils avaient auparavant pris des esclaves à Sainte-Marie, une petite île attenante à la principale de Madagascar, et les avaient transportés à Don Mascarenhas (La Réunion), d’où ils avaient navigué jusqu’à ce port sur le même commerce.

On the Ship’s Arrival, Captain Drummond, with Andrew Wilky, his Surgeon, and several others of the Crew, went on Shore; in the mean while John Bowen, with four others of his Consorts, goes off in a little Boat, on Pretence of buying some of their Merchandize brought from Europe, and finding a fair Opportunity, the chief Mate, Boatswain, and a Hand or two more only upon the Deck, and the rest at Work in the Hold, they threw off their Mask; each drew out a Pistol and Hanger, and told them, they were all dead Men if they did not retire that Moment to the Cabin. The Surprize was sudden, and they thought it necessary to obey; one of the Pyrates placed himself Centry at the Door, with his Arms in his Hands, and the rest immediately laid the Hatches, and then made a Signal to their Fellows on Shore, as agreed on; upon which, about forty or fifty came on Board, and took quiet Possession of the Ship, and afterwards the Brigantine, without Bloodshed, or striking a Stroke.

À l’arrivée du navire, le capitaine Drummond, son chirurgien Andrew Wilky, ainsi que plusieurs autres membres de l’équipage, se rendirent à terre ; dans le même temps, John Bowen et quatre autres de ses consorts, quittèrent la rive à bord d’un petit bateau, sous prétexte d’acheter une partie de leurs marchandises en provenance d’Europe, et profitant d’une opportunité incroyable, seuls le second, le maître d’équipage, et une ou deux petites mains tout au plus étaient sur le pont, et le reste au travail dans la cale, ils mirent bas les masques ; chacun sortit un pistolet et un crochet, et leur dirent qu’ils étaient tous des hommes morts s’ils ne se retiraient pas ce moment-là dans la cabine. La surprise fut soudaine, et ils jugèrent nécessaire d’obéir ; l’un des pirates se plaça au milieu de la porte, les bras bras croisés, et les autres se postèrent immédiatement devant les écoutilles, puis firent un signal à leurs compagnons à terre, comme convenu ; sur quoi, environ quarante ou cinquante d’entre eux vinrent à bord, et prirent tranquillement possession du navire, puis du brigantin, sans effusion de sang, ni coups.

Bowen was made, or rather made himself, of Course, Captain; he detained the old Crew, or the greatest Part thereof, burnt the Brigantine as being of no Use to them, cleaned and fitted the Ship, took Water, Provisions, and what Necessaries were wanting, and made ready for new Adventures.

Bowen a été fait, ou plutôt s’est naturellement fait capitaine lui-même ; retint l’ancien équipage, ou la plus grande partie de celui-ci, brûla le brigantin qui ne leur était d’aucune utilité, vida puis équipa le navire, chargeant de l’eau, des provisions et tout ce qui manquait, et se prépara pour de nouvelles aventures.

I shall leave them a while, to relate an unfortunate Story of a worthy honest Gentleman, who suffered through the Rashness and Folly of a headstrong People, for pyratically taking and murdering the Captain and Crew of this very Ship Bowen and his Gang now seized.

On devrait les laisser un moment pour raconter l’histoire malheureuse d’un digne et honnête gentilhomme, qui souffrit de la témérité et de la folie d’hommes entêtés, pour avoir pris part à la piraterie et assassiné le capitaine et l’équipage de ce même navire que Bowen et sa bande avaient désormais saisi.



To return to Captain Bowen, who pyratically possessed himself of Captain Drummond‘s Ship and Brigantine, as aforesaid, he, being inform’d by the Crew, that when they left Don Mascarenhas, a Ship called the Rook Galley, Captain Honeycomb Commander, was lying in that Bay, resolved, with the other Pyrates, to sail thither, but it taking up seven or eight Days in watering their Vessels, and settling their private Affairs, they arrived not at the Island till after the Departure of the said Galley, who thereby happily escaped the villainous Snare of their unprovok’d Enemies.

Pour en revenir au capitaine Bowen, qui s’est emparé du navire et du brigantin du capitaine Drummond, comme susmentionné, il a été informé par l’équipage que, lorsqu’ils quittèrent Don Mascarenhas (La Réunion), un navire appelé le Rook, une galère commandée par le capitaine Honeycomb, était ancré dans cette baie, déterminés, avec les autres pirates, d’y naviguer, mais prenant sept ou huit jours à charger leurs vaisseaux en eau et à régler leurs affaires personnelles, ils n’arrivèrent à l’île qu’après le départ de ladite galère, qui ainsi heureusement échappa au vilain piège de leurs ennemis délibérés.

The Night after the Pyrates left Maritan, the Brigantine ran on a Ledge of Rocks off the West Side of the Island Madagascar, which not being perceived by the Ship, Bowen came into Mascarenhas without her, not knowing what was become of his Consort.

La nuit suivant le départ des pirates de Maritan (Matitanana), le Brigantin heurta des hauts fonds rocheux au large de la côte Ouest de l’île de Madagascar, ce dont l’équipage du navire ne s’aperçut pas, et Bowen arriva aux Mascareignes (La Réunion) sans lui, ignorant ce qu’il était advenu de ses compères.

Here Captain Bowen staid eight or ten Days, in which Time he supplied the Ship with Provisions, and judging, that the Rook Galley was gone to some other Island, the Ship sail’d to Mauritius, in search of her; but the Pyrates seeing four or five Ships in the N. W. Harbour, they thought themselves too weak to attempt any thing there, so they stood immediately for Madagascar again, and arrived safe, first to Port Dauphin, and then to Augustin Bay. In a few Days the Content Brigantine, which they supposed either to have been lost, or revolted that honourable Service, came into the same Bay, and informed their Brethren of the Misfortune that happened to them: The Rogues were glad, no doubt, of seeing one another again, and calling a Council together, they found the Brigantine in no Condition for Business, being then very leaky, therefore she was condemned, and forthwith halled ashore and burnt, and the Crew united, and all went aboard the Speedy Return.

Le capitaine Bowen y resta huit à dix jours, au cours desquels il chargea le navire de provisions, et jugeant que la galère Rook était partie pour une autre île, le navire leva l’ancre pour Maurice, à sa recherche; mais les pirates voyant quatre ou cinq navires au Nord-Ouest de la rade, ils se crurent trop faibles pour tenter quoi que ce soit là-bas, alors ils se retirèrent immédiatement pour Madagascar et arrivèrent sains et saufs, d’abord au Port Dauphin (Fort Dauphin), puis dans la baie de Saint-Augustin. Et quelques jours plus tard, le brigantin le Content, qu’ils supposaient avoir été perdu, ou s’être mutiné de ce cet honorable service, entra dans cette même baie et informa leurs frères du malheur qui leur était arrivé: ces lascars étaient sans aucun doute heureux, de se revoir, et convoquèrent un conseil, ils attestèrent que le brigantin était hors d’état de faire des affaires, prenant trop l’eau, il fut donc condamné, aussitôt débarqué et brûlé, et l’équipage s’unit, puis tous montèrent à bord du Speedy Return.

At this Place the Pyrates were made acquainted, by the Negroes, of the Adventures of another Gang that had settled for some Time near that Harbour, and had one Howard for their Captain. It was the Misfortune of an India Ship called the Prosperous, to come into the Bay at a Time that these Rogues were looking out for Employment; who, under the Pretence of trading (almost in the same Manner that Bowen and his Gang had seized the Speedy Return) made themselves Masters of her, and sailed with her to New Mathelage. Bowen and his Gang consulting together on this Intelligence, concluded ’twas more for their Interest to join in Alliance with this new Company, than to act single, they being too weak of themselves to undertake any considerable Enterprize, remembring how they were obliged to bear away from the Island of Mauritius, when they were in search of the Rook Gally, which they might have taken, with several others, had they had at that Time a Consort of equal Force to their own Ship.

À cet endroit, les pirates ont été mis au courant, par les indigènes, des aventures d’une autre bande qui s’était installée pendant quelque temps près de cette rade et avait pour capitaine un certain Howard. Ce fut le malheur d’un navire indien appelé le Prosperous, d’entrer dans cette baie à un moment où ces voleurs cherchaient une activité; qui, sous prétexte de commerce (presque de la même manière que Bowen et sa bande s’étaient emparés du Speedy Return) s’en sont rendus maîtres et ont navigué jusqu’à New Mathelage (Majunga). Bowen et sa bande se concertèrent sur cette information, et conclurent qu’il était plus dans leur intérêt de s’allier à cette nouvelle équipe que d’agir seuls, étant trop faibles eux-mêmes pour s’engager dans quelque entreprise considérable, se souvenant qu’ils étaient contraints de l’éloigner de l’île Maurice, lorsqu’ils étaient à la recherche de la galère Rook, qu’ils auraient pu prendre, avec plusieurs autres, s’ils avaient eu à ce moment-là une équipe de force égale à celle de leur propre navire.

They accordingly set sail from the Bay, and came into New Mathelage, but found no Ship there, tho’ upon Enquiry they understood that the Pyrate they look’d for, had been at the Place, but was gone; so after some Stay they proceeded to Johanna, but the Prosperous not being there neither, they sailed to Mayotta, where they found her lying at Anchor; this was about Christmas 1702.

En conséquence, ils quittèrent la baie et arrivèrent à New Mathelage (Majunga), mais n’y trouvèrent aucun navire, après investigations, ils comprirent que le pirate qu’ils cherchaient y avait été, mais en était parti; ainsi après leur escale ils se rendirent à Johanna (Anjouan), mais le Prosperous n’y étant pas non plus, ils naviguèrent jusqu’à Mayotte, où ils le trouvèrent à l’ancre ; c’était vers Noël 1702.

Here these two Powers struck up an Alliance, Howard liking the Proposals, came readily into it, and the Treaty was ratified by both Companies. They staid above two Months at this Island, thinking it, perhaps, as likely a Place to meet with Prey as cruising out for it, and so indeed it happened; for about the beginning of March, the Ship Pembroke belonging to our East-India Company, coming in for Water, was boarded by their Boats, and taken, with the Loss of the chief Mate and another Man that were killed in the Skirmish.

Ici, ces deux puissances ont formé une alliance, Howard aimant les propositions, y est entré facilement, et le traité a été ratifié par les deux équipes. Ils restèrent plus de deux mois sur cette île, pensant que c’était peut-être un endroit aussi probable pour rencontrer une proie que que naviguer pour en trouver, et c’est ainsi que cela s’est produit; car vers le début de mars, le navire Pembroke appartenant à la compagnie des Indes orientales, venant pour s’approvisionner en eau, a été abordé par leurs bateaux et pris, avec la perte du second capitaine et d’un autre homme qui ont été tués dans l’escarmouche.

The two Pyrate Ships weighed, and went out to Sea along with their Prize, and that Day and the next plundered her of the best Part of her Cargo, Provisions and Stores, and then taking the Captain and Carpenter away, they let the Pembroke go where the Remainder of her Crew pleased, and came with their Ships into New Methelage. Here the two Captains consulted, and laid a Plan for a Cruize to India, for which Purpose they detained Captain Woolley of the Pembroke lately taken, in order to be their Pilot in those Seas; but a very hot Dispute arose between the two Companies, which Ship he should go aboard of, insomuch that they had gone together by the Ears, if an Expedient had not been found to satisfy each Party, that one might not have the Advantage of the other by the Captain’s Skill and Knowledge of the Indian Coast, and this was to knock the poor Man on the Head; and murder him; but at last, by the Authority of Bowen, Captain Woolley escaped the threaten’d Danger, by bringing his Company to consent to his remaining on board the Prosperous, where he then was.

Les deux navires pirates furent chargés et partirent en mer avec leur prise, et ce jour-là et le suivant la pillèrent de la plus grande partie de sa cargaison, de ses provisions et de son arsenal, puis capturèrent le capitaine et le charpentier, ils laissèrent le Pembroke partir, le reste de son équipage fut soulagé, puis ils retournèrent avec leurs navires à New Methelage (Majunga). Là, les deux capitaines se consultèrent et élaborèrent un plan de traversée vers l’Inde, dans le but duquel ils retinrent le capitaine Woolley du Pembroke récemment pris, afin d’être leur pilote dans ces mers ; mais un différend très vif éclata entre les deux équipes, à savoir sur quel navire il devait monter, si bien qu’ils en vinrent aux mains, si un compromis n’avait pu être trouvé pour satisfaire chacune des parties, il était décidé qu’aucune ne puisse tirer avantage de l’autre par la compétence et la connaissance du capitaine de la côte indienne, et il s’agissait de frapper le pauvre homme à la tête ; et de l’assassiner; mais finalement, grâce à l’autorité de Bowen, le capitaine Woolley échappa à cette menace imminente, en pressant son équipe à accepter à ce qu’il reste à bord du Prosperous, où il se trouvait alors.

The Speedy Return being foul, and wanting a little Repair, it was judged proper for her to go back to Augustin Bay to clean; in the mean while the Prosperous was to have a Pair of Boot-Tops where she lay, and likewise to take in Water and Provision, and then to join their Consort again at Mayotta, the Island appointed for the Rendezvous.

La coque du Speedy Return étant encrassée et nécessitant quelques réparations, il a été jugé bon de retourner à la Baie de Saint-Augustin pour le nettoyer; dans le même temps, le Prosperous devait être réenduit là où il était stationné, tout en profitant d’un ravitaillement en eau et en provisions, pour ensuite rejoindre à nouveau leurs compères à Mayotte, l’île désignée pour le rendez-vous.

The Prosperous put into Mayotta as agreed on, and waiting there some Time for Bowen‘s Ship, without seeing or hearing any News of her, went to Johanna, but not meeting with her there, they apprehended some Accident had befel her, and therefore left the Place, and sailed on the Expedition themselves. As to the Speedy Return, she arrived safe at St. Augustin‘s Bay at Madagascar, and there cleaned and victualled; but tarrying there somewhat too long, the Winds hung contrary, and they could not for their Lives beat up to Mayotta, and therefore went to Johanna, where, hearing that their Friends had lately left that Island, they steered for the Red Sea, but the Wind not proving fair for their Design, they bore away for the High Land of St. John‘s, near Surrat, where they once more fell in Company with their Brethren of the Prosperous.

Le Prosperous se rendit à Mayotte comme convenu, et y attendit quelque temps le navire de Bowen, mais sans avoir aucune de ses nouvelles, il rejoignit Johanna (Anjouan), mais ne le retrouvant pas là-bas non plus, ils craignirent qu’un accident ne soit arrivé et quittèrent donc ce lieu, et décidèrent de reprendre l’expédition seuls. Quant au Speedy Return, il était arrivé en toute sécurité à la baie de Saint-Augustin à Madagascar, et y fut nettoyé et approvisionnée; mais s’y attardant un peu trop longtemps, les vents étant contraires, et ils ne purent pas rejoindre Mayotte en toute sécurité, et se rendirent donc à Johanna (Anjouan), où, apprenant que leurs amis avaient récemment quitté cette île, ils se dirigèrent vers la Mer Rouge, mais le vent ne leur étant pas favorable, ils furent portés vers la haute terre de Saint-Jean, près de Surate où ils retrouvèrent une fois de plus la compagnie de leurs confrères du Prosperous.

They cruiz’d together, as was first agreed on, and after some Time they had Sight of four Ships, to whom they gave Chace; but these separating, two standing to Northward, and two to the Southward, the Pyrates separated likewise, Bowen standing after those that steered Southerly, and Howard crowded after the others. Bowen came up with the heaviest of the two, which proved to be a Moorish Ship of 700 Tun, bound from the Gulph of Mocha to Surat. The Pyrates brought the Prize into Rajapora, on the Coast of India, where they plundered her; the Merchandize they sold to the Natives, but a small Sum of current Gold they found aboard, amounting to 22,000 l. English Money, they put into their Pockets. Two Days after the Prosperous came in, but without any Prize; however, they soon made their Friends acquainted that they had not succeeded worse than themselves, for at Surat River’s Mouth, where all the four Ships were bound, they came up with their Chace; and with a Broadside, one of them struck, but the other got into the Bay. They stood down the Coast with the Prize till they had plundered her of the best of her Cargoe, the most valuable of which was 84,000 Chequins, a Piece of about ten Shillings each, and then they left her adrift, without either Anchor or Cable, off Daman.

Ils naviguèrent ensemble, comme il avait d’abord été convenu, et après quelque temps ils aperçurent quatre navires, qu’ils pourchassèrent; mais ceux-ci se séparant, deux prirent le Nord et deux le Sud, les pirates se séparèrent également, Bowen poursuivant ceux qui se dirigeaient vers le Sud, et Howard se pressant après les autres. Bowen se retrouva avec le plus imposant des deux, qui s’avéra être un navire maure de 700 tonneaux, en provenance du golfe de Moka à destination de Surate. Les pirates ramenèrent leur prise à Rajapora (Saiyad Rajpara), sur la côte de l’Inde, où ils la pillèrent ; les marchandises furent vendues aux indigènes, et une petite somme d’or qu’ils trouvèrent à bord, s’élevant à 22.000 livres de monnaie anglaise, fut mise dans leurs poches. Deux jours plus tard, le Prosperous arriva, mais sans aucune prise; cependant, ils firent bientôt savoir à leurs amis qu’ils n’avaient pas fait moins bien qu’eux, car à l’embouchure de la rivière de Surate, qui était la destination des quatre navires, ils foncèrent sur leur proie; et abordèrent l’une d’elles d’une bordée, tandis que l’autre entrait dans la baie. Ils descendirent la côte avec leur prise jusqu’à ce qu’ils l’aient pillée du meilleur de sa cargaison, dont le plus précieux était 84.000 sequins, une pièce d’environ dix shillings chacune, puis ils l’ont laissée à la dérive, sans ancre ni cordage, au large de Daman.

While they were lying at Rajapora they past a Survey on their Shipping, and judging their own to be less serviceable than their Prize, they voted them to the Flames, and straightway fitted up the Surat Ship; they transported both Companies aboard of her, and then set Fire to the Prosperous and Speedy Return. They mustered at this Place 164 fighting Men, 43 only were English, the greater Number French, the rest Danes, Swedes and Dutch; they took aboard 70 Indians to do the Drudgery of the Ship, and mounted 56 Guns, calling her the Defiance, and sailed from Rajapora the latter End of October, in the Year 1703, to cruize on the Coast of Mallabar:

Alors qu’ils étaient au mouillage à Rajapora (Saiyad Rajpara), ils passèrent en revue leur embarcation, et jugeant qu’elle leur était moins utile que leur prise, ils s’accordèrent pour la brûler, et immédiatement équipèrent le navire de Surate ; transportèrent les deux compagnies à son bord, puis mirent le feu au Prosperous et au Speedy Return. Ils rassemblèrent à cet endroit 164 combattants, dont seulement 43 étaient anglais, la grande majorité étant français, le reste danois, suédois et hollandais ; ils embarquèrent 70 Indiens pour effectuer les corvées sur le navire, l’armèrent de 56 canons, et le nommèrent le Defiance, puis ils prirent la mer depuis Rajapora (Saiyad Rajpara) à la fin du mois d’octobre, de l’année 1703, pour croiser le long de la côte de Mallabar :

But not meeting with Prey in this first Cruise, they came to an Anchor about three Leagues to the Northward of Cochen, expecting some Boats to come off with Supplies of Refreshments, for which Purpose they fired several Guns, by way of Signal, but none appearing, the Quarter-Master was sent in the Pinnace to confer with the People, which he did with some Caution, keeping the Boat upon their Oars at the Shore-Side: In short, they agreed very well, the Pyrates were promised whatever Necessaries they wanted, and the Boat returned aboard.

Mais ne rencontrant aucune proie lors de cette première sortie, ils décidèrent de jeter l’ancre à environ trois lieues au Nord de Cochin, s’attendant à ce que quelques bateaux s’approchent avec des provisions de rafraîchissements, pour lesquels ils tirèrent plusieurs coups de canons, en guise de signal, mais aucun n’apparaissant, le quartier-maître a été envoyé dans la chaloupepour s’entretenir avec la population, ce qu’il fit avec une certaine prudence, en gardant le bateau sur ses rames au bord de la rive : en bref, ils se mirent d’accord, et on promit aux pirates tous les biens qu’ils souhaiteraient, et la petite embarcation retourna à bord.

The next Day a Boat came off from the Town with Hogs, Goats, Wine, &c. with a private Intimation from Malpa, the Dutch Broker, an old Friend of the Pyrates, that a Ship of that Country called the Rimæ, lay then in Mudbay, not many Leagues off, and if they would go out and take her, he would purchase the Cargo of them, and likewise promised that they should be further supplied with Pitch, Tar, and all other Necessaries, which was made good to them; for People from the Factory flocked aboard every Hour, and dealt with them as in open Market, for all Sorts of Merchandize, Refreshments, Jewels and Plate, returning with Coffers of Money, &c. to a great Value.

Le lendemain, un embarcation quitta la ville et s’approcha, chargée de cochons, de chèvres, de vin, etc. avec une missive secrète de Malpa, le courtier hollandais, un vieil ami des pirates, qu’un navire de ce pays appelé le Rimæ, se trouvait alors à Mudbay, à quelques lieues de distance, et s’ils sortaient et la prenaient, il rachèterait sa cargaison, et promit également qu’ils seraient réapprovisionnés en poix, en goudron et en tout les autres articles nécessaires, ce qui les intéressait; les gens de la manufacture affluèrent à bord chaque heure et commerçaient comme dans un marché ouvert, pour toutes sortes de marchandises, rafraîchissements, bijoux et vaisselle, revenant avec des coffres pleins d’argent, etc. d’une grande valeur.

The Advice of the Ship was taken very kindly, but the Pyrates judging their own Ship too large to go close into the Bay, consulted their Friend upon Means for taking the said Ship, who readily treated with them for the Sale of one of less Burthen that lay then in the Harbour; but Malpa speaking to one Punt of the Factory to carry her out, he not only refused to be concerned in such a Piece of Villainy, but reproved Malpa for corresponding with the Pyrates, and told him, if he should be guilty of so base an Action, he must never see the Face of any of his Countrymen more; which made the honest Broker change both his Countenance and his Purpose.

La suggestion de prendre ce navire fut prise au sérieux, mais les pirates jugeant que leur propre navire était trop grand pour se rapprocher de la baie, ils consultèrent leur ami sur les moyens de se saisir dudit navire, qui traita facilement avec eux la vente d’un bateau de moindre charge qui se trouvait alors dans le port; mais Malpa en parla à un dénommé Punt de la manufacture pour le faire sortir du port, il refusa non seulement d’être impliqué dans une telle infamie, mais reprocha aussi à Malpa de traiter avec les pirates, et lui dit, que s’il devait être coupable d’un acte d’une telle bassesse, il ne pourrait plus jamais regarder aucun de ses compatriotes dans les yeux ; ce qui fit que l’honnête courtier changea à la fois d’expression et de dessein.

At this Place Captain Woolley, whom they had taken for their Pilot on the India Coast, being in a very sick and weak Condition, was, at his earnest Intreaty, discharged from his severe Confinement among them, and set ashore, and the next Day the Pyrates sailed, and ranged along the Mallabar Coast, in quest of more Booty. In their Way they met a second time with the Pembroke, and plundered her of some Sugar, and other small Things, and let her go again. From the Coast they sail’d back for the Island of Mauritius, where they lay some Time, and lived after their usual extravagant Manner.

Là, le capitaine Woolley, qu’ils avaient retenu prisonnier comme leur pilote sur la côte de l’Inde, étant dans un état très malade et faible et après les avoir supplié, a été, libéré, et mis à terre, et le jour suivant les pirates naviguèrent le long de la côte de Malabar, à la recherche de plus de butin. Sur leur chemin, ils rencontrèrent une seconde fois le Pembroke, le pillèrent de son sucre et d’autres petites choses, et le laissèrent repartir. De cette côte, ils retournèrent à l’île Maurice, où ils restèrent quelque temps, et vécurent de leur manière extravagante habituelle.

At Mauritius two of the Crew, viz. Israel Phipeny and Peter Freeland, left the Pyrates and concealed themselves in the Island till the Ship sailed. These two Men were part of Drummond‘s Crew, who found an Opportunity of coming to England soon after on board the Raper Galley, and arrived at Portsmouth in March 1725. When this came to be known, Mr. John Green, Brother to Capt. Green, then under Sentence, went thither and got the Affidavits of the said Phipeny and Freeland, made before the Mayor of Portsmouth, containing several Matters herein mentioned, which Affidavits were immediately brought to London, and by the Secretary of State sent away Express to Scotland, which arrived there some Hours before Capt. Green was executed.

À Maurice, deux membres de l’équipage, à savoir Israël Phipeny et Peter Freeland, s’échappèrent des pirates et se dissimulèrent dans l’île jusqu’à ce que le navire ait repris la mer. Ces deux hommes faisaient partie de l’équipage de Drummond, qui trouvèrent l’occasion de venir en Angleterre peu après à bord de la galère Raper, et arrivèrent à Portsmouth en mars 1725. Lorsque cela fut connu, Mr. John Green, frère du capitaine Green, alors condamné à mort, s’y rendit et obtint les déclarations sous serment desdits Phipeny et Freeland, faites devant le Maire de Portsmouth, en charge de plusieurs affaires mentionnées ici, lesquelles dépositions furent immédiatement apportées à Londres, et par le secrétaire d’État renvoyées expressément en Ecosse, qui y arrivèrent quelques heures avant l’exécution du capitaine Green.

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